Bapteme - 6 et 7 avril 2018 | Championnat d'europe - 1 au 3 juin 2018

Les différents style de capoeira


L’Angola :

"Indéfinissable." C'est ainsi que beaucoup décrivent la capoeira Angola. Pratiquée par les esclaves sous la forme d'une danse, la capoeira Angola ou "brincadeira de Angola" (plaisanterie, amusement d'Angola) comme on la surnommait, prend racine au Brésil et se répand d'une manière importante, s'avérant impossible à faire disparaître comme beaucoup le souhaitèrent.

Beaucoup d'experts sur le sujet s'accordent à dire que la capoeira Angola fut créée sur la base du "N'GOLO", une danse que les noirs d'Angola pratiquaient, imitant le mouvement des animaux qui vivaient aux alentours des tribus, comme ceux du zèbre, du crocodile, de l'autruche, du singe, du lion.etc. Toutefois, la majeure partie de ces mouvements imitant ceux du zèbre, cette danse fut aussi appelée "danse du zèbre" et était pratiquée sous la forme de défis pour, par exemple mériter l'amour et avoir le droit de se marier avec la fille du chef de la tribu; dans ce cas, il fallait que les prétendants soient parmi les meilleurs dans la pratique de cette danse. Le vainqueur était considéré comme "guerreiro" (guerrier) et obtenait ainsi le droit de courtiser la fille du chef pour récompense de cette victoire.

BAu Brésil, cette danse fut l'inspiration que les esclaves eurent pour camoufler les entraînements de capoeira (lutte) aux yeux des gardes des plantations. En même temps qu'ils faisaient une roda dans l'enceinte de la senzala (hutte des esclaves), ils jouaient du berimbau et chantaient des musiques africaines auxquelles les gardiens ne comprenaient rien. Ces derniers pensaient : " Ils sont juste en train de se divertir." et ainsi ils pensaient que les esclaves faisaient leur "brincadeira de angola" (appelée ainsi car la majeure partie des esclaves noirs provenaient d'Angola en Afrique, de la tribu des Bantu, d'où provient aussi le berimbau). Résistant au temps et aux tentatives d'anéantissement, la capoeira Angola rencontra à Bahia son plus grand représentant récent, Mestre Pastinha, qui apprit, pratiqua, enseigna et défendit cet art dans tous les lieux où il le lui fut possible et de nos jours encore, ses enseignements sont suivis à la lettre par tous les partisans du jeu d'Angola. Mestre Pastinha disait : "Le capoeiriste n'est pas celui qui sait se mettre en mouvements mais, oui, celui qui laisse son âme mettre son corps en mouvements.". Mestre Pastinha (1899-1981) développa avec ses disciples le style capoeira Angola, qui attache une grande importance au "jeu au sol", et pouvant être pratiqué partout et par tout public.

L’Angola offre un spectacle stratégique et mental ; chaque capoeiriste utilise sa spontanéité et sa ruse pour déséquilibrer l’autre. Elle pourrait être désignée comme une partie d’échec martial. La plupart de ses mouvements se jouent au sol et de façon lente et réfléchie. L’aspect du jeu est plus présent dans le style Angola que Régional et le rythme musical est lent. La vitesse laisse place ici à la finesse, les acrobaties à la stratégie.

L’Angola représente l’essence même de la discipline. Basée sur l’efficacité, les, jeux d’Angola sont pour le capoeiriste un moyen de tester son niveau réel.

La Régional :

Ce style est plus récent et est le plus pratiqué. Cette nouvelle forme a été créée vers 1930 par Mestre Bimba (1900-1974), qui est certainement la personnalité la plus connue de la capoeira. Ce style est bien plus spectaculaire, il est plus rapide, aérien et acrobatique.

L maculelê - "danse de la canne à sucre"

Danse traditionnelle de Bahia, le maculelê ressemble aux danses africaines de lutte avec des bâtons. On ne connaît pas vraiment l'origine du Maculelê. Certains pensent que c'est en fait la survivance d'une danse guerrière des Cucumbis d'Angola, dont les traditions guerrières incluaient en effet des danses en groupe qui simulaient des combats. D'autres mentionnent les Macua du Congo. D’autres affirment qu'il vient d'Afrique avec les esclaves envoyés au Brésil et qu'il a été mélangé avec la culture des indigènes Brésiliens. Pour se protéger des coups de fouet, les noirs se défendaient avec des bouts de bois et des machettes (facaos), en esquivant avec le corps, comme une danse.

Originaire de la ville de Santo Amaro, le maculelê s'est développé dès les années 1920 sous la forme d'un art martial à la suite de l'abolition de l'esclavage au Brésil. (13 mai 1888: la loi Aurea ou loi d'Or)
Les occasions de la pratique du Maculêlê sont elles aussi sujettes à caution. Pour certains, les esclaves profitaient des pauses dans leur travail pour danser, alors que d'autres pensent qu'on dansait plutôt à la fin des moissons. On aurait en fait pratiqué cette danse aussi bien de manière récréative que dans le cadre culturel des traditions. Avec le temps et la mort des personnes qui pratiquaient le Maculelê, cette danse a été oubliée durant beaucoup d'années dans les fêtes de Santo Amaro. La Maculêlê revit le jour en 1943 grâce à Paulinio Aluisio de Andrade, surnommé Popo do Maculêlê, qui fonda le club Conjunto de Maculêlê de Santo Amaro. Beaucoup d'élève de Mestre Bimba, un expert réputé de capoeira, s'initièrent au Maculêlê dans les années 1960, et la diffusèrent dans tout le Brésil. Cette danse est de nos jours souvent enseignée parallèlement à la capoeira. On peut la voir notamment lors de fêtes religieuses comme les baptêmes, ainsi que lors de la célébration annuelle de la sainte patronne de Santo Amaro, qui se déroule en février en Bahia. (Nossa Senhora da Purificação 2 février)

Danse dramatique simulant un combat, le Maculêlê est une danse à quatre temps qui se pratique dans une ronde rituelle (roda), à l'instar des rodas de capoeira. Deux danseurs, avec une paire de petits bâtons nommés Grimas, ou parfois de machettes (facaos) comme on le faisait à l'origine, se produisent au centre de la ronde. Les autres participants les encerclent et rythment la danse du son de leurs armes qu'ils entrechoquent et de leurs chants, soutenus par la musique des tambourins (ingoma ou atabaque) et des cloches (agogo).

Il existe plusieurs rythmes : congo, afoxe, barra vento. Les chants, accompagnant le rythme de l'atabaque, évoquent le travail dans les plantations de canne à sucre et célèbrent l'abolition de l’esclavage ou l'histoire de Zumbi, le leader du quilombo dos Palmares qui aurait défendu les siens armé de deux bâtons. Ils sont souvent en langue yoruba et entonnés par un meneur et repris par les autres.