Bapteme - 6 et 7 avril 2018 | Championnat d'europe - 1 au 3 juin 2018

Le jeu et les techniques


Le capoeiriste doit se doter de nombreux talents. Il doit être tout autant concentré, athlétique, acrobate mais aussi bon musicien, bon danseur et quelque peu comédien.

La tenue

Le capoeiriste est peu vêtu. Il ne porte d’une façon classique qu’un pantalon généralement blanc appelé "abada" et une corde torsadée de la couleur de son grade. Le choix du blanc se justifie par le fait que l’abada ne doit pas toucher le sol, ce serait la honte du capoeiriste. Le port du t-shirt est une divergence européenne. Il est fréquent que les groupes de capoeira personnalisent leur abada afin de se créer une identité commune. La capoeira se pratique classiquement pieds nus, mais il est fréquent de voir des baskets aux pieds des pratiquants. Ces règles vestimentaires sont bien sûr transgressées dans la capoeira de rue à laquelle on assiste fréquemment au Brésil, mais elles sont respectées par les capoeiristes traditionnels.

Le jeu

La capoeira est aussi un spectacle, le capoeiriste se doit de soigner la beauté de sa prestation. Il doit souvent se fier à son intuition, voir à son instinct. Le jeu, "jôgo", consiste en un échange de coups auxquels répondent esquives, contre-attaques, et déplacements. Tous ces éléments partent du pas de base, la ginga, à la fois garde très mobile et pas de danse, dans laquelle chacun exprime sa personnalité. Le jôgo se pratique au sein de la roda, espace circulaire délimité par les participants et la bateria (l’orchestre). Pour que la roda existe, il faut que ses participants échangent l’énergie positive nécessaire, "l’axè", pour faire vivre le jeu.

C’est au centre de la roda que le capoeiriste se montre aux autres, qu’il se donne au public comme le fait un comédien lors de sa représentation. Le jeu est un dialogue entre les deux capoeiristes, constamment en mouvement, une conversation précise, qui ne laisse pas de place à l’hésitation, mais est totalement improvisé, à l’image des influences africaines de la musique (jazz, samba, etc.…)

Malgré son aspect ludique, le jôgo peut être redoutable, et loin d’être devenu une danse folklorique, la capoeira reste une lutte efficace.

Cependant, il faut bien garder à l’esprit qu’un bon capoeiriste est quelqu’un qui maîtrise la ginga et les coups avant d’être un acrobate. Les sauts et acrobaties que l’on voit au centre de la roda sont des plus mais ne suffisent pas à faire un bon joueur.
En tout état de cause, l’objectif du capoeiriste dans la roda est de faire du "beau jeu". A la fin d’un jeu, il n’y a pas de gagnant ou de perdant, mais il y a celui qui a été bon ou celui qui a été moins bon.

La malice (malandragem)

N’oublions pas que les esclaves africains se sont souvent inspirés de nombreux animaux de la faune de leur terre d’origine pour élaborer certains mouvements.
Le capoeiriste ne se prive d’être pas fourbe. La capoeira, à l’image de l’esclave face à son maître, est une lutte du faible contre le fort. Pour vaincre, il faut se montrer malin et surprenant. Ainsi, lorsqu’un joueur entre dans l’aire de jeu, il lui est conseillé de garder ses distances vis-à-vis de son adversaire pendant la marche d’attente, car il n’est pas à l’abri d’un coup surprise. Le capoeiriste feint souvent des coups pour surprendre son adversaire, et essaie toujours de masquer ses attaques avec le jeu des mains. L’humour et la ruse sont les bienvenus dans la roda, tout est bon pour piéger son adversaire. Le capoeiriste ne quitte jamais son adversaire des yeux, même lors d’acrobaties. C’est en ne le quittant pas des yeux et en ayant une vue générale de la gestuelle de l’autre qu’il va pouvoir deviner son jeu et trouver la faille. Bien sûr, une connaissance et une maîtrise de soi complète les qualités du capoeiriste à l’instar des autres arts martiaux : adapter son rythme, ses capacités physiques et contenir son agressivité. Cet aspect du jeu ne s’enseigne pas, mais s’apprend grâce à l’observation.

Quelques techniques (liste non exhaustive des techniques) :

La ginga :

C'est la base de la capoeira. Elle est ce que les gammes sont au musicien. Un capoeiriste, quel que soit son niveau, s’exerce à améliorer sa ginga, à la personnaliser. C’est de la ginga que partent tous les coups. Malgré son aspect simple, elle ne doit en aucun cas être mécanique, mais toujours souple, tonique et vivante. C’est de la qualité de la ginga que peut naître la qualité du jeu du capoeiriste.

Des coups directs :

Quexada : à l’inverse de Meia lua, le pied part dans ce cas de l’intérieur.
Bençao : c’est un coup de talon direct au visage.
Chapa : coup de pied direct et rapide en direction de la tête ou du buste.
c’est un coup de pied violent. La jambe est d’abord fléchie avant de frapper la tête ou le buste de l’adversaire par le côté.

Cabeçada : coup de tête dans l’abdomen.

Des coups circulaires :

Chapa de costa : de dos à l’adversaire, on vient frapper son visage avec le talon et on pose les mains au sol pour l’appui.
Mea lua de compaço :

le pied qui se trouve en retrait lors de la ginga part de l’extérieur en arc de cercle pour venir frapper la tête de l’adversaire.
Armada : grand coup de pied circulaire sur la tête dont la force provient de la rotation du buste.
Rasteira : il s’agit d'une balayette

Des esquives :

Negativa : on se baisse horizontalement et une jambe tendue en direction de l’adversaire. Les deux mains sont au sol.
Esquiva : c’est une esquive de côté assez rapide. La main, qui se trouve du côté où part le corps, pendant que l’autre protège le visage.
Cocorihna :

C'est une esquive qui consiste à s'accroupir pour passer en dessous d'un coup de pied haut. Une des premières esquives que l'on apprend.

Des déplacements et des acrobaties :

Rolê :

Un déplacement en position accroupie en tournant sur soi-même.
Rolê :

Une des nombreuses acrobaties de la capoeira